Le marocain culturel, quelle tristesse !

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Je suis un marocain de base.

J’aime mon pays.

J’aime sa culture.

Je veux en faire partie.

Je ne peux y arriver.

Je n’ai qu’un salaire.

Je paye ma traite de voiture, mes abonnements téléphoniques, mes courses, mes sorties, des trucs de base !

J’aspire à avoir un chez moi, bien à moi. Je le voudrais décoré d’œuvres de Mohamed Laouli, Abderrahim Charbak, du magnifique touhami ennadre, d’Andre Elbaz, de Lina Tazi , et de tant et tant d’autres.

Heureusement que le centre culturel français et que la villa des arts de Casablanca, font de temps à autres des initiatives à ma portée.

J’ai pu ainsi découvrir le jeudi 30 avril 2010 à L’Institut Français de Casablanca le Spectacle d’Ahlam El Morsli« Signes et sens » une création en danse contemporaine, que j’ai bien aimé et le concert de musique classique, mercredi 30 juin 2010 de Dina Bensaid à la Villa des Arts.

Et récemment une exposition rétrospective André Elbaz à la villa des arts également.

J’ai eu une fausse joie, en voyant l’annonce d’ab Galerie sur Facebook, qui annonçait des artistes marocains à petits prix.

Les prix démarrent à 2000 dhs.

Comment peut-on donner un prix à une œuvre artistique ? Sur quels critères ?

Je n’en ai aucune idée.

Je comprends qu’un artiste veuille vivre de son travail, mais au Maroc excepté une élite artistique renommée, je ne vois pas comment !

A moins d’être ministre, homme politique influent, artiste reconnu ayant beaucoup d’amis artiste, critique, pdg de société, véritable amateur d’art, personne évoluant dans le domaine d’une élite culturelle, pour tous les autres, je ne vois pas comment est-ce qu’ils oseraient un jour penser avoir des œuvres d’artistes Marocains pour eux, chez eux.

J’imagine que si je le voulais j’irais prendre un crédit express de 2000 dhs, que je réglerais sur 12/24 mois pour faire plaisir à mes sens. Mais c’est accepter d’entrer dans un cercle vicieux de crédits d’où je peine déjà à sortir…

Heureusement que j’ai un ami peintre, Ahmed Majdoubi, qui me fait plaisir en me montrant ses toiles, j’assouvis alors ma frustration culturelle et pour cette rage persistante, je passe parfois quelques moments à admirer les œuvres de Farah chaoui, Ilham Laraki Omari et les photos de paysage de Leila Ghandi qui reposent alors mon âme de ses tourments, pour un court répit.

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