CHARLES OU MA PROF DE FRANÇAIS

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A L’évocation de son titre, professeur de la langue de Molière, me voila plongé dans mes souvenirs de jeune lycéen .

Je n’ai alors que 13 ans.

J’étais amoureux de ma prof de français, une femme de 35 ans, toujours élégante, vêtue de jupes courtes et de généreux décolletés. J’attendais toujours son cours avec allégresse. Je m’évertuais à produire les meilleures dissertations, les plus beaux poèmes dans le seul but de l’entendre m’appeler par mon prénom « Mehdi » qui avait la sonorité de la Walkyrie, au son de sa voix.

Je l’entends, les yeux fermés m’appeler, comme si j’y étais.

Nous avons tous connu, un professeur qui nous a marqués.

Durant mes cours, mon regard était fidèle à sa poitrine voluptueuse.

A chaque fois, mon attention était captivée par sa démarche distinguée, et son sourire charmeur.

Je serais récompensée de mon amour en fin d’année par un baiser secret qu’elle me fît.

Le dernier jour de classe, elle me demanda de l’attendre, et m’appela vers elle. J’avais alors le cœur qui battait, de peur d’avoir mal fait. Elle s’avança alors et s’agenouilla devant moi, laissant sa jupe se relever et avança sa tête vers moi. Mon regard émerveillé ne la quittait pas. Elle posa alors ses lèvres sur les miennes et me donna un baiser. Elle me dit alors que j’étais son élève favori et avait deviné l’amour que j’avais pour elle. Elle me demanda de ne pas l’oublier et de veiller à ce qu’elle soit toujours fière de moi.

J’étais un garçon de 13 ans et le plus heureux des petits garçons, ce jour là.

Bien plus tard, lorsque j’avais pris conscience de mon corps de 25 ans, une autre prof de Français fît vaciller, mon cœur d’étudiant. J’avais déjà en moi l’amour des mots, et je prenais plaisir à jouer avec eux, pour la séduire, à chaque fois que j’en avais l’occasion.

Ce souvenir du baiser de 13 ans, remonta à la surface de mes souvenirs enfouis et secrets.

Je m’étais dis que cette fois, je me devais de disserter et d’approfondir ce baiser qui entretenait à jamais cet amour platonique de mon enfance. Ma prof alors, une femme de 45 ans ne permis jamais aucun écart de conduite envers elle, malgré toutes mes tentatives. Je laissais mes mots et mes phrases s’assurer de la séduire pour moi. Chaque fois que j’en avais l’occasion, je m’arrangeais pou dire à travers des mots cachées, qu’elle me plaisait, et que son corps de femme me faisait rêver. Toujours et davantage.

Durant deux années, touts mes mots lui étaient destinés, sans jamais faillir. Jonglant avec un langage soutenu, je prenais plaisir à lui lire ma prose, en la regardant, toujours, au fond de ses yeux de braise. Je devenais un chevalier chevauchant verbes et adjectifs choisis, joutant pour son aimée.

Je ne perdais aucune bataille, et le dernier jour de classe, elle me demanda de l’attendre.

Cette fois, mon cœur était calme, et mon regard brulant de désir. Elle s’avança et me donna dans un petit bout de papier, son adresse, en émettant le souhait d’avoir de mes nouvelles. Elle va m’apprendre à composer le verbe aimé dans un temps que j’ignorais complètement : le passé presque parfait.

Aujourd’hui, par le hasard de la vie, une autre femme, enseignant cette langue que j’aime tant, me dit : « .tous ces mots que l’on couche sur le papier et sur cet espace virtuel très hospitalier…ne sont qu’une façon de rapiécer “LES BRIBES DE NOTRE VIE”.

Je ne peux alors m’empêcher de fermer les yeux avec allégresse, et de me voir découvrir un autre temps : l’instant parfait.

© Mehdi TAZI – Novembre 2010

Posted via email from Autour des mots

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